
⏱ Temps de lecture : 6 minutes • ✍ Écrit par Justine de Game Sup
ANNÉE
3e année
FORMATION
Game Art · Character design
DISTINCTION
Draft Selection + rang A · The Rookies 2026
Rang A aux Rookies 2026 : le parcours de Mylène, étudiante en Game Art
Vous cherchez une école de jeu vidéo à Lyon ? En 3e année de Game Art à Game Sup, Mylène a été retenue en Draft Selection aux Rookies 2026, l'un des concours internationaux de référence pour les jeunes artistes, et a obtenu le rang A avec deux personnages 3D : le Chef et la Guerrière. Son parcours montre comment une passion d'enfance, bien encadrée, devient un vrai savoir-faire.
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Son parcours
Qui es-tu ?
Je suis étudiante en troisième année de Game Art chez Game Sup, en spécialité character design.
Comment es-tu arrivée à la 3D et au jeu vidéo ?
Un peu comme tout le monde ici, je pense : j'étais fan de jeux vidéo quand j'étais petite, et je le suis encore. Sauf que quand je suis sortie du lycée, en 2010, les écoles de jeu vidéo n'étaient pas vraiment courantes. Je suis donc partie en illustration, en me disant que je pourrais éventuellement faire du concept pour le jeu.
J'ai terminé mes études par une licence à Liège, en Belgique. De retour en France, j'ai continué trois ans, en graphisme cette fois. Ensuite, j'ai enchaîné quelques CDD en graphisme, j'ai été freelance et j'ai eu la chance d'illustrer un livre jeunesse. Mais on était encore loin du jeu vidéo.
À un moment, je ne trouvais plus trop de travail, et je me suis tournée vers l'horticulture. Ça n'avait rien à voir. Après beaucoup de réflexion, en voyant que ça ne marchait pas du tout et que ce n'était pas mon domaine, je me suis dit : « Pourquoi je ne reprendrais pas simplement des études, vraiment dans le jeu vidéo cette fois ? » C'est comme ça que je suis arrivée chez Game Sup.
Le projet : le Chef et la Guerrière
Présente-nous tes deux personnages.
Ce sont deux petits personnages stylisés. Le premier, comme son nom l'indique, est un chef cuisinier, équipé de beaucoup d'accessoires. J'ai décidé de l'accompagner d'une guerrière un peu badass, comme on les aime.
Pourquoi avoir choisi les concepts de Nicola Saviori ?
Il a un style que j'apprécie beaucoup. Il fait des personnages très stylisés, sans pour autant les rendre trop cartoon ou trop « goofy » : ils ne sont pas ridicules, et c'est ça que j'aime. Je trouve qu'ils ont beaucoup de caractère, et ils sont tout simplement beaux.

Quelle était la consigne, et comment t'es-tu approprié le sujet ?
J'ai réalisé le Chef en deuxième année, pour le portfolio de fin d'année. La consigne était simple : faire un personnage game ready de A à Z et en présenter le breakdown, en justifiant ses choix avec des moodboards.
J'ai passé pas mal de temps à analyser le style de Nicola Saviori et à réfléchir à la façon de l'adapter. J'ai cherché des références, notamment du côté d'Airborn Studios, un studio berlinois que j'apprécie et pour lequel Nicola Saviori travaille. Ils ont un style particulier : ils adaptent les concepts à leur façon. Je voulais reproduire les concepts de Nicola Saviori dans leur style graphique.
En moyenne, j'ai mis trois semaines intensives sur chacun des personnages.
Dans les coulisses : son workflow
Raconte-nous les grandes étapes de fabrication.
J'ai un workflow assez classique. Après mes recherches, je commence par un blockout sur ZBrush : j'établis les proportions principales du personnage. Puis, au fur et à mesure, j'augmente la densité du maillage, ce qui me permet d'apporter plus de précision et de finesse dans le sculpt.
Une fois le sculpt global terminé, j'importe le personnage dans Maya pour faire la retopologie et les UV.
Vient ensuite l'étape la plus importante de mon workflow : le bake sur Marmoset. J'y passe beaucoup de temps, pour que la normal map et l'ambient occlusion soient vraiment très propres. Je perds un peu de temps sur le bake, mais ma texture sera ensuite beaucoup plus rapide à faire.
Une fois le bake terminé, j'importe mes maps et mon low poly dans Substance Painter et je fais la texture : un mélange de PBR et de hand painting.
Ensuite, je passe le personnage en pose, soit en lui faisant un rig avec Maya et Advanced Skeleton, soit avec le Transpose Master de ZBrush. Il ne me reste plus qu'à tout réimporter dans Marmoset pour faire le rendu.

Le défi du passage à la 3D
Qu'est-ce qui est le plus difficile quand on passe d'un concept 2D à un personnage 3D stylisé ?
Ce qui fonctionne très bien en 2D fonctionne souvent beaucoup moins bien en 3D. J'ai eu des soucis sur le visage du Chef, notamment. Il est très stylisé, tellement que, transposé tel quel en 3D, ça ne fonctionne pas du tout : ça donne des déformations presque horrifiques. Il faut alors trouver une alternative qui fonctionne tout en restant fidèle au concept 2D. C'est ça, la difficulté.
Quel a été ton plus gros blocage, et comment l'as-tu dépassé ?
Justement, ce fameux menton ! J'y suis revenue encore et encore avant de trouver ce que je voulais. J'ai cherché beaucoup de références de personnages stylisés avec de grands mentons, mais je me suis aussi servie de références réalistes : des photos d'acteurs avec des mentons gigantesques, que je pouvais adapter à un personnage stylisé en 3D. C'est en faisant et en refaisant que j'ai fini par trouver une alternative qui fonctionnait. Avec aussi un petit coup de chance, d'ailleurs.

Game Sup et les Rookies
Qu'est-ce que la formation chez Game Sup t'a apporté sur ce projet ?
Beaucoup de choses ! Quand je suis arrivée à Game Sup, je savais faire du dessin et des sculpts un peu basiques. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'était un bake : pour moi, c'était de la pâtisserie. Les UV, la retopologie… je partais vraiment de très, très loin.
J'ai pu m'intégrer très vite, parce que j'ai trouvé des explications très claires et des professeurs très disponibles pour répondre aux nombreuses questions que j'ai posées les premières semaines. Sur ce projet en particulier, ils m'ont tout simplement permis de le réaliser.
« Un bake ? Pour moi, c'était de la pâtisserie. »
Mylène
Comment as-tu appris que tu étais sélectionnée, et qu'as-tu ressenti ?
C'est environ un mois après avoir posté mes personnages sur les Rookies que j'ai appris que j'étais retenue dans la Draft Selection. J'étais très contente, mais je savais que ça n'irait pas forcément plus loin : il y avait énormément de très bons candidats, comme chaque année. C'était déjà satisfaisant de se dire qu'on était potentiellement retenus pour l'étape suivante.
Ce qui m'a vraiment fait plaisir, c'est le certificat de fin de concours, avec une note de A à D. J'ai eu le rang A, et là, j'ai vraiment sautillé sur place ! C'était une vraie reconnaissance du travail effectué jusque-là. Je suis très heureuse de ça.
« J'ai eu le rang A, et là, j'ai vraiment sautillé sur place ! »
Mylène
Et maintenant ?
Sur quoi travailles-tu en ce moment, et où te vois-tu dans quelques années ?
Sur un nouveau personnage 3D, Mima The Red Dragon. Toujours en stylisé, mais moins stylisé, pour varier un peu mon portfolio.
J'aimerais beaucoup travailler dans un studio d'outsourcing, toujours en stylisé évidemment, parce que ça permet de travailler sur plein de sujets variés. Ou alors dans un studio indé qui sortirait un jeu à succès. Mais ça, on ne peut jamais le savoir à l'avance !
Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui veut candidater aux Rookies ?
Bien développer son breakdown, parce que c'est finalement ça le plus intéressant. Le rendu final, c'est joli, c'est sympa à voir, mais ce qui intéresse vraiment le jury, c'est de voir tout le déroulé, tout le workflow de la personne.
Si tu devais résumer ton expérience en une phrase ?
Beaucoup d'excitation, un peu d'anxiété… non, beaucoup d'anxiété aussi, à vrai dire ! Mais une certaine satisfaction d'être allée jusqu'au bout et d'avoir été récompensée.
🎓 Game Sup, école de jeu vidéo à Lyon : une formation pour transformer votre passion en métier
Le parcours de Mylène illustre la mission de Game Sup : former des artistes et des designers du jeu vidéo capables de mener un projet de A à Z. Grâce à notre prépa et à nos deux formations spécialisées en Game Art et Game Design, nous offrons un encadrement de qualité, des projets concrets et un accompagnement vers l'emploi. Comme Mylène, beaucoup de nos étudiants arrivent sans jamais avoir fait de 3D : on part de là où vous en êtes.
Merci à Mylène pour ce témoignage, et bravo pour ce rang A aux Rookies !
Retrouvez tout son projet sur The Rookies
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